Sortie  du  27 Mai  à  BRIARE

 

 « Nous partîmes 17, mais par un prompt renfort nous nous vîmes 14 en arrivant au port »

 

 

            Le matin à 8 heures précises, Porte d’Orléans, nous embarquons à bord du car, pour 1h45 de trajet.

Ville située en bord de Loire, à la croisée des canaux (canal de Briare et canal latéral à la Loire) : Pont-Canal, gares d'eau, écluses, maisons d'éclusiers, demeure des Seigneurs du Canal, port de plaisance, de commerce. Cité des Emaux, en tout 14 ponts et 7 écluses, Briare nous accueille sous la pluie.

 

            Documents en main nous prenons contact avec la première visite que nous allons effectuer à bord du petit train touristique, lequel nous conduit pour un circuit très sinueux, du Pont-Canal, par divers « petits ponts », vers la Loire, que nous longeons. Ainsi apparaissent le Pont-Canal vu de « dessous », des bateaux typiques de la pêche en Loire et la manufacture d’émaux.

            Un petit pont, nommé le Rialto, situé près du port de plaisance se veut rappeler le célèbre pont de Venise et divers endroits pittoresques ou cachés de la ville, que notre guide nous commente sous forme de moult « petites histoires » locales qui illustrent la vie des habitants.

 

            De retour à notre point de départ, nous embarquons sur un bateau pour une croisière de 3h30 sur les différents canaux. Installés, à table, nous empruntons le Pont-Canal.

 

            L’idée de construire un pont soutenant le canal pour la traversée du fleuve, remonte à presque deux siècles. Auparavant les bateaux qui circulent sur les canaux doivent traverser la Loire pour accéder au canal latéral à la Loire. Le moyen utilisé pour traverser consiste à tirer les bateaux au travers du fleuve, ce qui rend cette possibilité inopérante en période de pluies (hiver) ou de sècheresse (été). Dès 1838 cette idée se développe mais se heurte aux connaissances techniques de l’époque. Ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle que le projet prend forme et abouti en 1896.

            Le Pont-Canal a été conçu par Gustave Eiffel, pour les piliers et la Société Daydé et Pillé de Creil pour le « tablier » métallique. Il appartient au canal latéral à la Loire (et non au canal de Briare) ; il est établi sur quatorze piles, construites sur des caissons profonds de 5 à 8 mètres. Sur ces piles est posée une poutre métallique unique qui supporte une cuvette en U qui contient plus de 13 000 tonnes d'eau (2,2 m de profondeur). La largeur du pont, chemins de halages compris, est de 11,5 m ; sa longueur de 662,69m.

Très élégant avec ses pilastres ornés et ses 72 lampadaires de style fin XIXème.

            Au début des années 1980, quelques 800 bateaux commerciaux empruntaient encore le canal chaque année ; l'activité touristique, par contre, était pratiquement inexistante. Aujourd'hui, la tendance est très largement inversée. En effet, la navigation de plaisance est de plus en plus importante. Le tourisme nautique offre une qualité de loisirs indéniables avec le grand avantage de découvrir une région sous un autre angle, à un rythme paisible et reposant.

 

            Nous effectuons la traversée du Pont-Canal aller et retour, puis nous continuons notre croisière par les canaux ; nous passons trois écluses, en « descente », autrement dit le sas est vidé pour accéder à la suite du canal en aval. Nous traversons différentes parties de Briare et ses environs. Ainsi nous reconnaissons les petits ponts que nous avons empruntés le matin avec le train touristique.

            Nous revenons au port en empruntant les mêmes écluses en « remontée », là nous attendons que le sas se remplisse pour que le bateau retrouve le niveau du canal en amont.

 

            Au retour nous allons au Musée des Emaux, autre curiosité de Briare.

Jean-Félix BAPTEROSSES fut, dans la 2ème moitié du XIXème siècle, ce que l'on appelle aujourd'hui un "capitaine" d'industrie. Né le 2 septembre 1813 à Bièvres, près de Paris, il manifeste très jeune d'étonnantes qualités inventives dans le domaine de la mécanique ainsi qu'en témoignent les brevets qu'il a déposés entre 1837 et 1843.

            En 1843, il se rend en voyage d'étude en Angleterre et découvre la fabrication des boutons, à l’unité. De retour en France il a l’idée de créer une machine qui fabrique 500 boutons à la fois, il dépose un brevet qui ruine ses concurrents. Il achète la manufacture de Briare pour parvenir à la production journalière de 1,4 million de boutons, ce qui emploie 1 500 ouvriers. Il crée alors une cité ouvrière avec habitations, école, hôpital etc…

            Dès la fin de la première guerre mondiale, la mosaïque va devenir un matériau de plus en plus prisé par les architectes et les entrepreneurs. Le succès est tel qu'en 1960 Briare produit 60% du marché français de la céramique. Le nouveau produit "Émaux de Briare" est un élément de céramique d'émail vitrifié et teinté dans la masse qui donne une qualité supérieure aux autres revêtements.

            Ce succès des Émaux de Briare et la reconversion progressive de l'entreprise vers ce nouveau produit ne suffisent pas à éviter alors, malgré le caractère prestigieux de la fabrication, un net déclin de l'entreprise. En 1954, la "Grande maison" doit licencier et en 1962, la Sté F. BAPTEROSSES et Cie, jusqu'alors transmise par voie héréditaire, est cédée par la famille au groupe "Sté Générale de Fonderie".

 

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            Les années 80 marquent, pour Briare, une période de réduction d'activité, l'effectif passant de 1000 personnes à moins de 100.

            Aujourd'hui, les Émaux de Briare entament une véritable renaissance. Alliant respect de la tradition dans le processus de fabrication et modernité des nouvelles collections, ses dirigeants actuels ont entrepris de refaire de l'entreprise un fleuron de l'industrie céramique française, qui offre un choix considérable de produits aux nombreuses attentes du public.

 

Productions actuelles de l'usine des Émaux de Briare :

d'une part, les ÉMAILLES déclinés sous différents formats : Harmonies 25x25 mm. Et vous pourrez découvrir également différentes formes telles qu'hexagonale ou écaille. Progressions 25, 50, 75, 100 mm,

d'autre part, les PLEINES MASSES : Mazurka 25x25mm.  Variations et Pastilles (pièces rondes) de
18 mm de diamètre. Ces types de produits s'utilisent aussi bien à l'intérieur comme à l'extérieur pour de nombreux lieux privés et publics comme les bâtiments administratifs, les édifices religieux, les bateaux de croisière, les aéroports, les hôtels, les gares, les piscines...

 

            Pour terminer notre promenade, nous faisons une visite à l’église qui est décorée de nombreuses fresques en émaux de Briare.

            Cette journée, pluvieuse, s’achève et nous rentrons sur Paris vers 18h00.

 

   

   

 

Michel VIDEAU

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