Visite de Lille et du Musée Minier de Lewarde



Par un temps couvert mais agréable, à 6h le matin le car nous transporte vers Lille, tous les participants sont là, prêts pour un voyage sans histoire, l'arrivée a lieu à 9h45, au centre de Lille.


LILLE


Nous retrouvons notre guide, pour deux heures, au travers de la vieille ville. Le guide une charmante Lilloise, nous présente un abrégé historique et géographique de sa cité, laquelle a connu diverses époques : sous la gouvernance des Comtes de Flandre jusqu'en 1350, elle passe sous la maison de Bourgogne, puis la maison d'Espagne en 1477, pour enfin être conquise par Louis XIV en 1667. Sous la révolution, elle est assiégée par les Autrichiens mais réussi à les chasser. Au XIXème siècle Lille devient une grande capitale Industrielle, aujourd'hui regroupée avec Roubaix, Tourcoing elle s'est intégrée dans une communauté urbaine de 87 communes, représentant 1 200 000 ha.

Lille dont le nom provient d'Insula puis d'Isle, en effet la ville est entourée d'une rivière : la Deûle. Bâties sur pilotis, dans certaines partie de la ville, les maisons sont souvent de style flamand.

Le Palais Rihour, habitation des Ducs de Bourgogne, détruit par un incendie en 1916, seul subsiste l'escalier ducal. Une partie architecturale, étrangement accolée au Palais, est érigée, en 1923, à la mémoire des combattants de 1914-1918.

Nous nous rendons Place du Gal de Gaulle, grande place à l'architecture très variée, où cohabitent des maisons de styles divers. La vieille Bourse, construite en 1653, est composée de 24 maisons identiques qui entourent un cloître.

Notre visite continue par la place du théâtre où nous pouvons admirer l'Opéra et les bâtiments de l'époque haussmannienne et la nouvelle bourse qu'est le bâtiment de la Chambre de Commerce et d'Industrie. Nous poursuivons notre visite par de nombreuses ruelles et nous parvenons à l'ancien port.

La Cathédrale Notre Dame de la Treille, bâtie au XIXème siècle, dans un style néo-gothique, comme le Sacré Coeur à Paris, a la particularité d'avoir une façade très XXème siècle composée de bloc de marbres translucides, ce qui donne vu de l'intérieur un effet extraordinaire, difficilement descriptible (voir la photo en annexe).

Nous revenons au Palais Rihour par des ruelles dans l'ancienne ville en cours de réfection pour y découvrir des maisonnettes restaurées, datant des XIII, XIV, XV et XVI siècles.

Nous quittons notre guide pour continuer notre visite du Nord de la France, nous allons visiter le Musée Minier de Lewarde à 50 km de Lille.

Notre car nous reprend en charge pour nous conduire au Musée Minier.


LEWARDE


Arrivés vers 13h, nous allons prendre le repas au restaurant Le Briquet, nom donné par les mineurs à leur "casse-croûte" qu'ils prenaient sur place au fond. Un repas typique de la région nous est servi, agrémenté d'un vin rouge "le Briquet" lui aussi nommé. Nous terminons par une pâtisserie avec une glace à la chicorée!.

Nous nous présentons alors pour la visite qui a lieu en deux temps, le premier consiste "à la descente au fond". Notre guide un Mineur, authentique, accusant 30 années au fond nous transporte au deuxième étage d'un bâtiment pour nous présenter les postes de travail dits "au jour", là où se pratiquent la sélection des produits extraits. En effet de la mine montent du charbon mais aussi des roches qu'il faut trier. Des jeunes filles sont employées pour séparer le charbon du reste et cela à mains nues, dans les émanations de poussières. Tâche rude et très répétitive, au XIXème siècle 10 à 12h par jour et 6 jours par semaine.

Nous parvenons ensuite au poste de récupération des wagonnets destinés au tri, wagonnets remontés du fond pendant que les vides sont redescendus, par gravité ces wagonnets se dirigent vers un "moulin", système à bascule qui permet le vidage vers les postes de tri.

Notre guide, l'humour décapant, nous propose alors une descente de 480m dans le fond, à l'aide d'un ascenseur qui nous entraîne à 8m par seconde et cela pendant 60 secondes. Nous voyons défiler le mur extérieur à une vitesse impressionnante et en effet au bout de 60s nous sommes arrivés, la sensation de vitesse n'est pas spectaculaire.

Nous parvenons alors dans une galerie, très large, qui en fait est un accès à la mine de premier niveau, c'est à dire que c'est là que descendent les mineurs avant d'atteindre leur poste de travail qui lui peut être encore très loin, voire plusieurs kms. Nous avons droit à la démonstration de la création d'un puits de descente avec les matériels anciens et modernes de creusement. Puis nous nous dirigeons vers différentes galeries où nous sont présentées les différentes époques d'extraction du charbon, avec des mannequins simulant les conditions de travail et les moyens de consolidations des galeries : au début avec des rondins de bois puis ensuite des étayages en métal et enfin un système à vérins. Il faut noter que ces étayages ne restaient en place que pendant l'extraction, au fur et à mesure de l'avancée les mineurs devaient les retirer et les placer à l'endroit où ils extrayaient le charbon, ce qui provoquait des effondrements et bien sûr des accidents très graves.

A la fin de notre visite nous nous dirigeons vers l'ascenseur pour remonter "au jour"! et là ô surprise! nous sommes au rez-de-chaussée du bâtiment ; en fait l'ascenseur nous a ramenés du 2ème au rez-de-chaussée en 60s (d'où le peu d'effet d'accélération et de décélération). Cela donne une idée des repères qu'avaient les mineurs pendant toute leur vie active. Cette dernière se terminait avec la mort ou l'impossibilité de continuer physiquement et cela jusqu'à ce que soit créées les retraites. Cependant il faut noter que 30 années au fond se traduisent encore aujourd'hui par des maladies pulmonaires très graves, pas toujours reconnues encore en 2006.

Notre guide nous a ensuite mis en contact avec un jeune guide formé lui et non Mineur, pour la visite des salles où s'équipaient les Mineurs pour le travail, et où ils prenaient leur douche et retrouvaient leur "habits civils", cette salle dite la "salle des pendus", lieu où étaient pendus leurs vêtements propres et sales. La lampisterie dans laquelle les mineurs prenaient et rendaient leur lampe, et où étaient entretenus ces matériels.

Au cours de cette visite nous avons été photographiés en groupe avec notre guide, photo remise à la sortie moyennant finance!

Il est 17h30, nous regagnons notre car pour le retour sur Vélizy, où nous arrivons à 20h30.

Cette journée nous a tous marqués, surtout à la mine. Nous avons, alors pu prendre quelques notions des difficultés qu'étaient celles des Mineurs, voire celles qui sont les leurs aujourd'hui ; en France la dernière mine a été fermée en 2004.


Michel VIDEAU - Mai 2006