SOUVENIRS DE PREPA


En classe de préparation aux concours des grandes écoles, j’ai côtoyé un marseillais, qui a participé, sans le savoir, à me conforter dans mon choix de faire carrière dans l’Aéronautique. François était un excellent camarade, toujours de bonne humeur, chaleureux et « très très » fier de sa ville natale… . Quelle déception le jour où trois de ses compagnons – j’ai oublié dans quelles circonstances – lui firent remarquer que c’était lui, le plus nordique des quatre ! Le sud-ouest descend effectivement en dessous de la latitude de Marseille.
Un lundi, évoquant son week-end, il était encore tout perturbé par la scène qu’il avait vécu. Imaginez ce que ça pouvait donner avec l’accent : « tu te rends compte ! J’étais allé voir mon frère qui est pilote d’essai au CEV et dans la pièce à côté, il jurait … , et il n’arrêtait pas de jurer… . Son avion, il monte tellement vite, que dans les calculs de performance on ne peut plus assimiler le sinus à l’angle de montée. »
Ce n’est que deux ans plus tard, que l’on m’a enseigné cette formule magique où l’on continuait à remplacer le sinus par l’angle. Il faut se resituer dans cette époque, où sans ordinateur, avec principalement la règle à calcul et la table de logarithmes, toutes simplifications de formule étaient bienvenues. Et finalement, c’était une très bonne simplification, car pour une pente de 24%, l’erreur n’était que de 1%, ce qui permettait de couvrir les performances en montées d’un grand nombre d’avions d’alors.
L’avion, qui montait si vite, j’en ai retrouvé la trace dans « l’Histoire de l’Aéronautique Française » de Jacques NOETINGER. Le SFECMAS-1402 « Gerfaut-1 », premier avion français à aile delta, effectua son premier vol à Istres le 15 janvier 1954. Ce premier vol ne dura que 8 minutes, après un décollage en 800 mètres.
Le 3 août 1954, - il avait déjà effectué 30 heures de vol – il franchit la barrière sonique en vol horizontal. C’était le troisième avion français à réaliser cette performance après le « Trident » et le « Mystère IV A ». Mais il fut le premier à réussir cet exploit en utilisant exclusivement un réacteur SNECMA de série « ATAR-101-C » de 2 800 kgp, sans post-combustion et sans puissance additive.
Après l’intégration de la SFECMAS à la SNCAN, et un chantier pour le munir d’une voilure un peu plus grande, il était devenu NORD-1402 « Gerfaut-1B ». Il reprit ses vols à Istres. Sa nouvelle voilure lui permettait de décoller et atterrir plus court sans réduire ses performances en vitesse de montée (ah ces sinus !) et en vitesse horizontale. Et le 11 février 1955 il passait à son tour le mur du son en palier.
Le « Gerfaut » avait ouvert la voie au NORD 1500 « Guépard 01 », plus tard rebaptisé « Griffon 1 », conçu pour les hautes vitesses, par l’utilisation d’une propulsion mixte, un réacteur ATAR F et un statoréacteur étudié par Nord-Aviation. Mais il s’agit là d’une autre page de notre riche histoire aéronautique, celle d’un prototype qui battit de nombreux records.
Revenons-en à mon camarade marseillais. Nous nous sommes quittés après les concours de 1954. La visite qu’il avait faite à son frère avait donc eu lieu au premier semestre 1954, quelques mois après le premier vol du Gerfaut. Après les départs en vacances, nous ne nous sommes plus revus. Très longtemps après, j’ai failli avoir de ses nouvelles. Dans l’avion d’Air Inter qui me ramenait de Toulouse à Orly, j’ai vu monter son frère, prénommé André, qui s’est installé quelques rangs derrière moi. Par timidité, peut-être, et aussi par pudeur, je n’ai pas osé aller lui demander ce qu’était devenu son frère. Mon camarade s’appelait François Turcat.


Jean GAUMET
 

REMUE-MENINGES

 

NOUVELLE ENIGME DE ROGER LAFONTA
Jean a un fils Paul. Leur anniversaire tombe le même jour. Cette année est un anniversaire particulier, car si l’on écrit côte à côte l’âge du fils puis celui du père, on obtient un nombre palindrome (de la forme xyyx).
Mais ce n’est pas la première fois, cela s ‘était déjà produit une fois, ni la dernière espérons-le.
Que peut-on dire de l’âge de jean à la naissance de son fils ?
Quels intervalles retrouvera-t-on entre ces anniversaires particuliers ?

 

SOLUTION DES MOTS CROISES n°22

 

 

A

B

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1

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Comité de rédaction

Rédacteur en chef : Pierre DAL SOGLIO

Rédacteurs :Roger LAFONTA, Jean GAUMET,

Michel GLEMAREC, Michel VIDEAU

Mise en page : Jean GAUMET

 

 


 

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