VOYAGE EN GUYANE - 2ème partie : les visites touristiques

 

 

            Envisagé depuis plusieurs années, le projet de voyage en Guyane a fini par se concrétiser, avec la complicité de nos collègues retraités de la SEP. C’est donc 6 « ACAM » et 8 « AA SEP », qui embarquèrent, le samedi 5 février 2005, à bord d’un Airbus A340 d’Air France, destination Cayenne.

            Ce fut l’occasion, du moins pour ceux qui comme moi l’empruntaient pour la première fois, d’apprécier le confort et la taille de cet avion qui n’est cependant qu’un modèle réduit du futur A380 ! Les 9 heures de vol, pour parcourir environ 7 100 km, n’ont pas paru trop longues entre les repas, la lecture et les distractions proposées sur l’écran individuel qui équipe chaque dossier de siège. J’ai particulièrement apprécié le suivi permanent du vol, position de l’avion, vitesse, altitude, distances (parcourue et restant à parcourir), heure d’arrivée prévue, toutes indications fournies alternativement dans le système métrique et en unités anglo-saxonnes.

            Au départ d’Orly la température était tout juste positive ; à l’arrivée à l’aéroport de Rochambeau 30° (environ), le choc thermique fut rude et incita les plus frileux à quitter précipitamment leurs pull-overs. Dès la descente de l’avion une première surprise nous attendait : panne de courant générale sur Cayenne ! Le tapis roulant qui devait acheminer nos bagages restait désespérément immobile. Finalement dans la bonne humeur et dans une belle pagaille, les bagages furent acheminés manuellement sur ledit tapis, qui n’était plus « roulant ». Au bout d’une heure, les derniers bagages – les miens, enregistrés parmi les premiers – étaient enfin restitués. L’ironie du sort a voulu qu’au voyage retour, en raison d’une grève d’une « certaine catégorie de personnel », l’attente soit encore plus longue pour récupérer les bagages à Orly, où l’électricité fonctionnait parfaitement !

            L’organisation du séjour avait été confiée à « Espace Amazonie ». Mais lorsque j’ai eu connaissance du programme, je me suis aperçu que j’avais déjà fait certaines visites lors d’un précédent voyage en Guyane. Je m’en suis donc remis à ma fille, enseignante à Kourou, pour l’organisation de mon séjour. Cependant, ma situation « indépendante » ne m’a pas empêché de retrouver le groupe pour les visites communes.

 

            Un peu d’histoire

            Si le Centre Spatial a beaucoup contribué à faire connaître Kourou, il est bon de rappeler quelques dates qui jalonnent l’arrivée des métropolitains dans ces terres lointaines :

            - 1638 : fondation de Cayenne par les marchands de Rouen (sous Louis XIII)

            - 1763-1765 : expédition de Kourou (sous Louis XV) qui se termine en désastre. Les rescapés se réfugient

              aux îles du Diable, rebaptisées pour la circonstance : îles du Salut, (au nombre de trois). Celle dont la côte

              est la plus inhospitalière restera « île du Diable ». La plus grande sera l’île Royale, en l’honneur de Louis XV,

              et la troisième l’île Saint-Joseph.

- 1795 : l’île du Diable est un lieu de déportation politique pendant la Révolution – plus de 300 prisonniers –
  (sous la 1ère République)

            - 1852 : création officielle du bagne (sous la 2ème République)

            - 1938 : fin de l’envoi des bagnards en Guyane (sous la 3ème République)

            - 1953 : départ des derniers bagnards (sous la 4ème République)

            - 1964 : création du Centre Spatial à Kourou (sous la 5ème République)

 

            Visite du village de Cacao

            Dans ce site, situé à environ 50 km au sud de Cayenne, furent implantés des bagnes à partir de 1850. Le village actuel renaît en 1977 avec l’arrivée de réfugiés politiques Hmongs, originaires du Haut-Laos, qui sont devenus les plus importants producteurs de fruits et légumes de la Guyane. Ils sont présents sur les marchés de Cayenne et de Kourou et bien entendu dans la halle de Cacao.

            La visite d’une exposition entomologique nous a permis de voir de nombreuses « bestioles » vivantes :

            - mygales, dont la gentille « matoutou » passée de main en main pour prendre la photo,

            - iule (inoffensif) et grand scorpion de Guyane (venimeux mais qui n’attaque jamais son support) en liberté sur
              la main du présentateur,

            - scolopendre (20 cm) et petit scorpion, les deux très venimeux tenus à l’extrémité d’une longue pincette.

Nous avons vu également un énorme crapaud-buffle, en cage, et sous des filets, de magnifiques papillons dont le « morpho » à la splendide couleur bleue. Repas local pris chez l’un des « chinois » du marché.

            Sur la route du retour, arrêt au « château ». Il s’agit d’une construction en bois inspirée de châteaux forts mais à échelle réduite. L’actuel utilisateur de ce local n’est pas l’hurluberlu qui l’a construit. Pascal y loge les serpents qu’il chasse en forêt pour les montrer à ses visiteurs et s’ils ne sont pas dangereux, les pose volontiers sur leurs mains. En revanche la manipulation des spécimens dangereux requiert toute sa concentration. Selon ses dires, les morsures de serpents font plus de morts en métropole qu’en Guyane.

 

            Carnaval à CAYENNE

            Après cette visite insolite, retour à Cayenne pour assister à la grande parade du Carnaval. En prélude au défilé, nous avons pu apprécier la démonstration acrobatique des motards de la Gendarmerie Nationale sur leur Harley-Davidson. Après les démonstrations en solo, en duo, en trio, sur une même moto, et en side-car … ils ont réalisé des pyramides à 2 puis à 5 motos (environ 14 participants) et achevé leur spectacle par des sauts au tremplin à travers des cercles enflammés.

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            Le défilé du carnaval était ouvert par des troupes de danseuses brésiliennes suivie de très nombreuses compagnies guyanaises qui dansaient avec leurs orchestres ou leurs sonos sur camions décorés. On pouvait admirer toute la variété des tenues, de costumes les plus élaborés et très colorés à ceux réduits à leur plus simple expression. Le carnaval est une grande fête populaire, qui dure plus d’un mois, au cours duquel les « fêtards » dorment peu mais peuvent se revitaliser  avec les punchs, planteurs ou nombreux remontants à base de rhum.

 

            Les îles du Salut

            Situées à environ 1,5 km, face à Kourou, les trois îles du Salut sont une destination incontournable. Elles jouissent d’un micro-climat beaucoup moins rude que celui de la côte guyanaise – j’y ai bénéficié d’un ciel radieux, pendant qu’il pleuvait à Kourou. Pour les touristes elles apparaissent, avec leurs cocotiers près du rivage, comme un petit paradis, … qui fait oublier qu’elles connurent l’enfer du bagne. Elles sont la propriété du CNES, qui y a installé un cinéthéodolite, pour le suivi des trajectoires de fusées. Sur l’île Royale, la restauration, en cours, tout à fait remarquable, des bâtiments du bagne permet, certes, de garder le souvenir du passé, mais paradoxalement en donne une image presque trop « rose ». Sur l’île Saint-Joseph, où j’ai été horrifié en découvrant les ruines des immenses bâtiments du bagne, j’ai finalement trouvé que la grande tristesse de ce décor s’accordait mieux au souvenir des bagnards qui y (sur)vécurent. La troisième île est interdite d’accès, l’île du Diable, la bien nommée en raison du danger de son approche maritime. On y aperçoit la cabane de son plus célèbre prisonnier, Dreyfus.

            La plupart des touristes, arrivés par la navette du matin, repartent en fin d’après-midi. Aussi pour jouir pleinement de ce site il faut y rester deux jours pour bénéficier du calme qui suit le départ des navettes et profiter de la faune. Les agoutis, petits mammifères roux, de la taille d’un lapin, y pullulent. Mais ce sont mes rencontres avec les deux espèces de singes qui y vivent, qui m’ont le plus enthousiasmé. Les plus familiers sont les singes écureuils, à peine plus grands que nos écureuils et qui descendent de leur arbre pour prendre dans la main le pain ou le bonbon qu’on leur tend. L’expression « malin comme un singe » a toute sa signification quand l’un d’eux, un peu plus effronté, est venu « chiper » dans sa main le paquet de bonbons que tenait ma petite-fille.

Les « sakis capucins » font figure de géants à coté de ces sympathiques singes écureuils ; ils doivent approcher le mètre. Ma fille m’avait raconté sa rencontre avec eux : passant dans une allée, elle avait été environnée de projectiles lancés des branches qui la surplombaient. Je fus prévenu de notre première rencontre par un lancer de fruit, à moitié grignoté, tombé quelques mètres devant nous. Dès que j’eus levé les yeux et découvert les deux énergumènes qui avaient signalé leur présence, ils se lancèrent, bruyamment, dans une sarabande effrénée, pour démontrer toute la gamme des sauts qu’ils pouvaient réaliser dans les branchages surplombants. Nous avons assisté à un numéro de cirque époustouflant, et les artistes, très excités, travaillaient sans filet ! Que se passait-il dans leur cervelle ? … de l’agressivité ? certainement pas, hypothèse démentie par notre deuxième rencontre, … une démonstration de leur savoir-faire ? … je pencherai finalement pour un joyeux chahut de potaches ! Le lendemain matin, de très bonne heure, nous avons aperçu toute la colonie qui était au sol. En s’approchant une maman avec son bébé sur le dos est allée se réfugier sur une branche. Tous les autres ont poursuivi leurs occupations, à une quinzaine de mètres. Et l’un d’entre eux, s’est même avancé pour ramasser des morceaux de pain qu’on lui déposait sur une pierre, ce qui m’a permis de le photographier à quelques mètres, dans sa plus profonde indifférence.

            En repartant de l’île Royale, je m’étonnai, auprès de l’hôtelière, de n’avoir pas vu de vol d’aras, comme lors de ma précédente visite (l’ara, à ne pas confondre avec le perroquet, a une queue aussi longue que son corps et son nom est l’onomatopée de son cri ; c’est un oiseau magnifique au plumage rouge ou bleu).

            Bonne question ! Elle me confirma qu’il n’y avait plus que quatre aras dans les îles, car lors de travaux nécessitant la venue d’ouvriers haïtiens, on ne s‘était aperçu qu’ils aimaient les aras qu’après qu’ils eussent mangé le septième !

 

            Saint-Laurent du Maroni et Zoo de Saint-Jean

            Lors de mon précédent séjour, ma découverte de la côte ouest s’était arrêtée aux plages, où viennent pondre les tortues luth (de 400 à 700 kg). Et dans le même après-midi, j’avais eu la chance d’assister à la fois à l’éclosion – jaillissement du sable des petites tortues qui se précipitent dans la mer – et à la montée sur la plage de ces énormes tortues marines, venues pondre. Cette fois, j’avais l’intention d’aller jusqu’au Maroni, qui matérialise la frontière à l’ouest, côté Surinam.

            Le bagne fut créé en 1857 à Saint-Laurent du Maroni, qui devint en 1880, commune pénitentiaire. Désormais tous les condamnés transitaient par Saint-Laurent avant d’être répartis entre les différents pénitenciers de Guyane. La municipalité a restauré quelques bâtiments et la visite donne une bonne idée de l’importance de ce site. L’une des attractions pour « touristes » est la cellule du bagnard Papillon. Mais les invraisemblances jointes aux exploits de ses codétenus qu’il s’est injustement attribués dans ses mémoires (d‘après notre guide) ont complètement démystifié sa gloire éphémère. A l’incarcération s’ajoutaient souvent des brimades arbitraires de la part des gardiens. La mortalité fut très forte dans ces camps.

            A 15 kilomètres de Saint-Laurent le zoo de Saint-Jean recueille des animaux blessés. Au cours de la visite j’ai été frappé par la complicité qui pouvait exister entre les « pensionnaires » et notre guide. Les mammifères étaient très bien représentés : un tapir, le plus gros mammifère terrestre d’Amérique du sud (jusqu’à 250 kg et la taille d’un jeune bovin) errait en liberté et nous a escorté une bonne partie de la visite. Friand de caresses sous le cou, il n’hésitait pas à nous bousculer pour en redemander avec insistance… . Tous le félins, en cage, étaient présents, l’ocelot, le puma, leur croisement l’ocema et le jaguar. Plusieurs singes, dont l’atèle (singe-araignée à la queue prenante) sont venus recevoir un câlin.

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            Nous avons également vu des pécaris ou cochons-bois, d’après notre guide, le plus dangereux de animaux à croiser en forêt car il possède quatre canines saillantes (deux seulement pour nos sangliers), se déplace en bande et n’hésite pas à se jeter au cou de son vis-à-vis pour lui trancher la gorge. C’est un gibier très apprécié, mais dont l’élevage n’est pas sans risques. Et mon inventaire ne serait pas complet si j’oubliais de mentionner le raton-laveur, qui s’est précipité vers la porte de sa cage pour lécher la main du guide.

            Les aras sont très cabotins, n’hésitant pas à faire une démonstration de suspension par le bec ; mangeurs de graines, leur bec a une force redoutable – à ne pas tester – en revanche ils peuvent marcher dans votre main avec douceur, - un poids plume ! – mais il faut respecter la hiérarchie du dominant !

            On ne peut quitter un zoo de Guyane sans avoir vu des reptiles : quelques tortues terrestres, un caïman hargneux d’avoir été interrompu dans son immersion, et des serpents avec prise en main des boas (la routine !), sauf s’il s’agit de l’anaconda, l’un des plus gros serpents du monde, à cause de son poids. Il y avait un beau spécimen, que nous sommes allés toucher dans sa cage, toucher et non caresser, car ces animaux ne manifestent aucune affectivité. S’ils ne se sentent pas agressés (et qu’ils n’ont pas faim !) ils restent passifs.

            En voiture, il est rare de croiser l’un des hôtes de la forêt, et pourtant ce jour là j’ai eu la chance de voir de près, un animal tout noir, à la longue queue en panache, traverser la route en quelques bonds, ayant l’allure d’un très gros écureuil, au moins à l’échelle 3. Renseignement pris auprès de spécialistes, c’était un genre de martre appelé « tayra ».

 

            Barrage hydroélectrique de Petit-Saut

            Construit sur le Sinnamary, de 1989 à 1995, ce barrage fournit actuellement environ 70% de l’électricité guyanaise, avec ses quatre turbines. C’est un barrage-poids d’une hauteur de 35 mètres. La retenue d’eau couvre 350 km², c’est la plus grande retenue d’eau française. Son niveau est l’objet d’une surveillance attentive ; une pluie d’un centimètre d’eau représente 3,5 millions de mètres cubes, et il pleut beaucoup en Guyane.

            Le projet a fait l’objet de nombreuses polémiques. Pour éviter de noyer une grande partie de la faune, une opération gigantesque de capture, d’identification et de transfert d’animaux a été réalisée, qui a permis de découvrir des animaux inconnus en Guyane et même pas connus du tout. La forêt noyée étant source de pollution, l’oxygénation de l’eau est mesurée en amont et en aval du barrage qui comporte des dispositifs de ré-oxygénation.

            A coté du barrage la « Maison de la découverte du Petit-Saut » et un espace pédagogique remarquable sur la faune et l’environnement du barrage. Il ne faut pas oublier que la richesse de la faune n’existe que par la présence de la flore. Nous sommes dans la forêt amazonienne où l’on a recensé environ 5 500 espèces de plantes. Les sentiers balisés donnent un petit aperçu des nombreuses espèces d’arbres, dont les bois précieux, aux couleurs variées permettent la réalisation d’objets artisanaux. De multiples plantes fleuries y poussent à l’état naturel, jusqu’au bord des routes. Citons, entre autres, parmi les spécimens indigènes, également cultivés dans les serres européennes : anthurium, balisier, oiseau de paradis et orchidées.

            Malgré tout l’intérêt de faire connaître les études écologiques réalisées à Petit-Saut, les autorités locales semblent très réticentes à débloquer les crédits nécessaires au fonctionnement de cet établissement. Lors de ma visite, j’ai appris que la route par laquelle j’étais arrivé (sans problème particulier) était déclarée non praticable, donc interdite aux cars qui pourraient transporter des élèves. Et les crédits, pour rendre la route conforme, n’étaient pas encore votés ! Espérons que le bon sens l’emportera !

 

            Les Marais de Kaw (prononciation : « ko »)

            Nous avions rendez-vous chez notre guide à Roura à environ 30 km du sud de Cayenne. Après nous avoir précisé la route à prendre, il nous invita à partir « Vous vous arrêterez au bout de la route ». Effectivement 50 km plus loin la route vient buter sur la rivière de Kaw. Le village de Kaw est au-delà, on n’y accède qu’en barque ! Notre guide nous rejoignit un peu plus tard, en amenant derrière sa voiture l’embarcation qui devait transporter la vingtaine de touristes de notre groupe.

            Après la mise à l’eau, notre première étape fut la visite du village de Kaw. Une recommandation : pas de restriction sur les photos de paysage mais absolument aucune photo des habitants ! Nous eûmes vite fait le tour du village. Heureusement notre venue n’était pas passée inaperçue, et la responsable d’un bâtiment municipal nous y accueillit. C’était un petit musée de la flore et de la faune du site. Nous y avons même vu un impressionnant caïman noir naturalisé, espèce protégée dont le marais est le dernier refuge. A noter que la dénomination de « marais » est impropre. Les herbes que l’on voit sur les côtés de canaux où l’on circule, sont en fait une savane qui flotte à la surface des eaux en crue de la rivière de Kaw.

            La deuxième étape fut un long parcours dans le marais pour voir et photographier la multitude des oiseaux qui y vivent : hérons, aigrettes, et grands échassiers. Nous avons même eu la surprise de croiser des zébus qui vont pâturer à la nage avec, perchés sur leur dos, des oiseaux, qui se nourrissent de leurs parasites. Sur une colline dominant le marais est installée une ferme de 400 zébus. Si la présence de cette ferme peut paraître insolite en un lieu aussi isolé, il est intéressant de rappeler qu’en fait cette région était déjà habitée bien avant l’arrivée des européens (nombreux débris de poteries et d’outillages lithiques). Plusieurs tentatives d’implantations eurent lieu aux 18ème et 19ème siècles pour la culture du cacao, du café et du thé mais finalement toutes échouèrent.

            En fin de parcours, à la tombée de la nuit, nous avons mis pied à terre pour nous restaurer. Le guide avait prévu le rhum pour les amateurs de « planteur » (dont il n’a pas bu !). Chacun a mangé le sandwich qu’il avait apporté, et à la nuit tombante nous avons repris l’embarcation pour la troisième étape, la capture des caïmans.

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            De nuit, lorsqu’ils ont la tête au ras de l’eau, leurs yeux apparaissent rouges dans le faisceau d’une lampe. Après le repérage, il faut faire une approche silencieuse et avec un peu de chance on arrive à passer une corde avec un nœud coulant autour de leur gueule, pour les neutraliser puis les hisser dans l’embarcation. La première prise fut un caïman de plus d’un mètre âgé d’environ 15 ans. Après de nombreuses photos, il fut relâché dans son marais. Un deuxième, tout petit fut également monté à bord et passé de main en main pour que tous le voient ou le touchent. Au cours de notre équipée nocturne, j’en ai aperçu deux autres, de très près, mais qui ont esquivé le « lasso ».

            En raison de l’heure très tardive à laquelle s’achevait l’excursion, nous avions sagement retenu une chambre à Roura. Et le lendemain, nous fiant aux commentaires de notre guide (je cite l’opuscule, pas notre chasseur de caïman), nous n’allions pas quitter Roura sans avoir visité la fameuse habitation Gabrielle qui fut la propriété de La Fayette ! L’office du tourisme était fermé ; je suis donc allé frapper à la porte de la Gendarmerie, pour demander l’itinéraire pour s’y rendre. Je fus très courtoisement accueilli par deux jeunes « gendarmettes », mais ni Gabrielle ni La Fayette n’ont paru évoquer le moindre souvenir de leur part ! Voilà un but d’excursion pour un éventuel séjour en Guyane, après enquête sérieuse de localisation.

 

            Epilogue

            La Guyane est encore peu connue des touristes. Elle possède de multiples facettes, où chacun peut trouver un programme de visite qui lui convienne. Ceux qui ont déjà eu l’opportunité d’y aller, comme nos collègues de la SEP, ont souvent envie d’y retourner. J’espère que ce compte-rendu vous aura fait découvrir quelques-uns des aspects de ce département d’outre-mer, dont je suis sûr qu’il comporte beaucoup d’autres sujets d’étonnement !

 

          

Jaguar                                                                                    Singe écureuil

 

            Jean GAUMET

SUPPLEMENT ATTERRISSAGE n°21

 

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